COMBATS DANS LA CITADELLE D'HANOI


Citadelle d'Hanoi
le 9 mars 1945
Rapport du
Cdt JACOBI

Le texte ci-dessous provient des archives personnelles de mon grand-père. Il a été rédigé (dactylographié) alors qu'il faisait partie du BFC du 19ème RIC (soit entre février et août 1946), mais  n'a pas de numéro de chrono, s'agit-il d'un document officiel ? Assez bizarrement, les faits relatés s'arrêtent à 7 heures, heure de l'explosion du dépôt de munitions de la caserne Lizé.

Annexe 1 : Extraits du rapport du Lieutenant MILLOUR

L'alerte venait d'être déclenchée.

Rapidement, je pris mon revolver et descendit dans le jardin, dont je franchis la clôture, puis la grille de la clôture de l'Hôtel de la DT (la fusillade ayant éclatée rue du Maréchal Joffre) et réussis à gagner la porte Est de la Citadelle vers 20 heures 25, où se trouvait le Capitaine OMESSA. Je reçus l'ordre de m'occuper de la Face Est (partie 9ème RIC) de la Citadelle.

Je disposais aux créneaux les hommes arrivant des diverses unités et des militaires de la remonte qui se repliaient sur la Citadelle. Je fis le ravitaillement en munitions et disposais les hommes disponibles en réserve dans les abris le long du tennis et du stade militaire. Dès cette mise en place terminée je me rendis à la salle de service où se trouvaient les Commandants ABEILLE et JACOBI (la salle de service étant désignée comme PC).
Vers 21 heures 15, le Commandant JACOBI qui me transmettait des instructions était blessé à la main. Il se dirigea par la suite à l'infirmerie, pour se faire soigner.

Jusqu'à 1 heure du matin environ, en compagnie du Capitaine OMESSA, j'assurais le re-complètement du personnel en munitions, et l'évacuation, par moyens de fortune des blessés sur l'infirmerie. Peu après, le Capitaine OMESSA se rendit au bureau de la CP pour se reposer.
Vers 1 heure 30, le Commandant ABEILLE me faisait connaître par téléphone qu'il se trouvait à l'infirmerie, et me demandait des renseignements sur la situation.

Je reçus, vers 2 heures, un ravitaillement en munitions provenant du Commandant JACOBI. Un 2ème ravitaillement parvenait vers 2 heures 30, je donnais l'ordre au Chef de corvée d'en entreposer une partie au bureau de la CP (PC du Capitaine OMESSA). A ce moment, les Chefs de section, et en particulier le Sergent-Major JOBARD et l'Adjudant COAT me rendaient compte que leurs sections étaient presque anéanties et qu'il y avait urgence à les re-compléter.

Le Général MASSIMI arrive sur ces entrefaites, je lui rends compte de la situation et des difficultés pour compléter les vides. Le Général fit mettre immédiatement à ma disposition le personnel disponible du DML avec ses armes automatiques. L'Adjudant LACROIX, commandant ce détachement arrivait peu après avec ses hommes (environ 4 groupes de combat avec FM) ce qui me permit de compléter les deux sections de la porte Est et de garder un groupe en réserve.

Vers 3 heures, destruction du réseau téléphonique et de l'installation électrique par projectiles.

L'attaque augmentant d'intensité je fis prendre à mon bureau par le sous-officier de permanence les dossiers de mobilisation du régiment que je détruisis vers 3 heures 30 et donnais l'ordre au Sergent-Chef DIDIER, du bureau du Chef de Corps, qui venait d'arriver à la salle de service, d'évacuer le drapeau du régiment au PC du Capitaine OMESSA, pour l'enterrer, si possible, ou, éventuellement, le détruire.

Vers 4 heures 30 je fus à nouveau dans l'obligation de demander des renforts au Capitaine LASSALLE qui me rejoignit peu après avec une trentaine d'hommes.

Les Japonais intensifiant leur attaque, et malgré l'acharnement apporté par tout le personnel, je me rendis compte vers 5 heures 15 qu'ils s'étaient infiltrés dans la Citadelle et occupaient une partie du bâtiment des services administratifs d'où ils purent nous jeter des grenades devant le PC. Avec le Capitaine LASSALLE et les quelques hommes qui s'y trouvaient, nous fumes dans l'obligation de nous replier pour essayer de regrouper les éléments restants du secteur.

En cours de route, le Capitaine OMESSA qui rejoignait la salle de service, mis au courant de la situation, nous fit rejoindre le bâtiment de la CP après un court arrêt aux tranchées du réfectoire Européens.
Devant un nouveau débordement vers la Porte Sud, le Capitaine nous fit replier aux abords du magasin aux vivres pour regroupement.

Vers 7 heures le dépôt de munitions de la Citadelle explose.



Citadelle d'Hanoi
le 9 mars 1945
Rapport du
Cdt JACOBI