L'INDOCHINE ET LE COUP DE FORCE JAPONAIS DU 9 MARS 1945


LA PAGE DE RENÉ RUBÈGUE

Par l'intermédiaire de son fils Jérôme, René RUBÈGUE m'a contacté après avoir reconnu, sur les photos de l'équipe de football du Tonkin qu'entrainait mon grand-père, son père, Roger RUBÈGUE. Il m'a communiqué les informations suivantes concernant sa famille, avant qu'elle ne rejoigne la France.


Roger Marius RUBÈGUE

Roger RUBÈGUE est né le 3 mars 1915 à Tamatave (Madagascar).

A la fin des années 1930, militaire dans l'Artillerie Coloniale, il est affecté à Hanoï où il rencontre VU THI LIEN, la mère de ses deux enfants. (A cette époque les mariages mixtes n'étaient pas autorisés pour les militaires ...). Le 16 avril 1939 nait René ; à cette date Roger est brigadier. Un peu plus tard naîtra Jacques, leur deuxième fils. La famille RUBÈGUE vit au numéro 12, route du Champ de Course (aujourd'hui rue Ngoc Ha), toute proche de la Citadelle, dans la prolongation vers l'Ouest du boulevard Giovaninelli.

Entre 1940 et 1945, on retrouve Roger RUBÈGUE dans différentes équipes de football entraînées par Pierre MILLOUR, mon grand-père :

En 1945, Roger RUBÈGUE, probablement avec le grade de sergent, est affecté à la 6ème compagnie d'ouvriers d'artillerie coloniale. Dépendant du général directeur de service de l'artillerie, les 6ème et 7ème compagnies d'ouvriers d'artillerie coloniale, respectivement au Tonkin et en Cochinchine, assurent dans les ateliers militaires l'entretien et la réparation de l'armement, la gestion et le stockage des munitions.

D'après René, parmi les amis de son père à l'époque, il y avait des dénommés LEBRAS et GEORGI, ainsi que le Capitaine Paul VERNIERES qu'il avait rencontré dans le cadre d'un cercle sportif, sans que René ne sache si celui-ci était à Hanoï ou à Langson. Le Capitaine VERNIERES, commandant la 21ème compagnie du 3ème RTT, sera l'un des principaux artisans de la défense de la citadelle de Langson.

Le matin du 8 mars 1945, après avoir quitté très tôt sa maison de la rue du Champ de Course, Roger RUBÈGUE rentre chez lui pour prévenir sa famille qu'il part en urgence pour Langson. Quelques minutes plus tard, il prend un pousse-pousse pour retourner dans sa compagnie ; ce fut la dernière fois que sa famille le vit vivant.

René n'a jamais su les circonstances exactes, ni la date, ni le lieu du décès de son père qui fut déclaré disparu. Sa mère était persuadée que comme de nombreux autres soldats français à Langson il avait été décapité, mais aucun élément ne l'a confirmé.


Roger RUBÈGUE et VU THI LIEN en 1942


Mariage de Lionel et Henriette (pas de nom de famille sur la photo) le 20 avril 1940. A droite on reconnait Roger RUBÈGUE en uniforme.


Roger RUBÈGUE à Hanoï

René RUBÈGUE

En 1950, agé de onze ans, René RUBÈGUE est envoyé à l'École des Enfants de Troupe de Dalat (EETD) où il suit une instruction militaire avec d'autres enfants eurasiens. Il suit également un enseignement plus scolaire au Lycée Yersin de Dalat.

En septembre 1954, l'École des Enfants de Troupe de Dalat est déplacée au cap St Jacques, avant son prochain transfert pour la métropole mais la section de René RUBÈGUE est envoyée à Saïgon pour suivre les cours au lycée Chasseloup-Laubat.

En 1956 il quitte l'Indochine pour rejoindre en France l'École des Enfants de Troupe d'AUTUN.

(Pour plus d'informations sur l'EETD, voir le site des Anciens Enfants de Troupe de Dalat : http://aet.d.club.fr. Voir en particulier le récit de René DUBOIS dont le père, qui était au 9ème RIC, a combatu dans le Citadelle d'Hanoï et est décédé suite à sa captivité dans les camps de Hoa Binh : http://aet.d.club.fr/Rene_Dubois.htm).



René et son petit frère Jacques à Hanoï en 1946.


Portail de l'École des Enfants de Troupe de Dalat


René à Dalat en 1953


René au Cap Saint Jacques en 1955
 

René à Autun en 1956