L'INDOCHINE ET LE COUP DE FORCE JAPONAIS DU 9 MARS 1945


LA PAGE DE COLIN VAUTHIER

Colin VAUTHIER est étudiant à l'Université de Perpignan en Maîtrise d'Histoire et en Licence de Sociologie. Il essaie de mener à bien la rédaction d'un mémoire qui est en fait la biographie de son arrière grand-père Adrien PLIJOUX (1895-1973), officier de la coloniale, qui fut en poste en Indochine entre 1922 et 1932 dans la région de Lao Kay et Chapa, puis de 1938 à 1946 à Hanoï.

Colin recherche notamment des références d'ouvrages, voir même si possible des témoins, lui permettant de l'aider dans ses recherches :

« Je serais assez friand en effet de références de livres traitant précisément du coup de force japonais... Toutefois il est très important pour mon mémoire que je plante un décor imagé, c'est pourquoi des livres assez généraux sur la présence française au vingtième siècle en Indochine seraient aussi très intéressants. Je me suis aperçu que l'histoire du contexte politico militaire de 1939 à 1945 est un domaine assez complexe à étudier de façon objective ; énormémment de choses ont été écrites à ce sujet et il est difficile de réaliser une synthèse sans prendre le parti d'un auteur. La position ambigüe de l'amiral DECOUX, entraînant par la hiérachie militaire toute l'armée d'Indochine dans ses prises de position, complique énormément la compréhension des évènements jusqu'à l'organisation d'une résistance efficace. C'est pourquoi je regrette énormément de ne plus pouvoir interroger de témoins immédiats et impliqués dans ces évènements.

Je me donne pour mission dans cette partie du mémoire, d'expliquer ce contexte de la façon la plus objective possible. Bien entendu je souhaite relater parallèlement à cela une ribambelle d'évènements beaucoup plus subjectifs, témoignages, anecdotes, moments de vie quotidienne, afin de d'embrasser au plus large la réalité de cette époque. »


Adrien Ernest PLIJOUX

Le 26 août 1938 la famille PLIJOUX, à savoir le capitaine, son épouse et leurs trois filles, dont la gand-mère de Colin, s'embarque à Marseille à bord du Cap Padaran à destination du port de Haïphong. Il s'agit du deuxième séjour d'Adrien PLIJOUX en Indochine. A bord de ce même bateau se trouve la famille MILLOUR. [cf. la page « Enfants de Marsouin et de Bigor » consacrée aux familles MILLOUR et BOIDEC]. 

Au cours de ses premières années à Hanoï, la famille PLIJOUX a souvent déménagé :

En 1939, la grand mère de Colin, Adrienne PLIJOUX, entre en 6ème au lycée Albert SARRAUT.

A la veille du coup de force japonais, le capitaine PLIJOUX assure le commandement de la Compagnie de Garnison, unité constituée de 480 Indochinois et de 20 Européens, dont 7 sous-officiers inaptes à faire campagne, répartie en trois casernements : la Caserne Berthe de Villiers – casernement principal –, adossée à la face sud de la Citadelle de Hanoï, et deux casernements secondaires : la Caserne Bobillot, située dans le quartier de la Concession de Hanoi à deux kilomètres de la Citadelle, et le Camp Mangin à un kilomètre de cette même Citadelle.

En l’absence des Bataillons, la mission de cette compagnie, qui n’a aucun rôle dans la défense de la Caserne Berthe de Villers, est :

  1. d’assurer tous les services de la Garnison, y compris la garde de jour et de nuit des points sensibles ;
  2. d’assurer en cas d’alerte le défense d’un sous-quartier de la Citadelle [sous-quartier B ?] ;
  3. d’assurer la défense de l’un de ses casernements, le quartier Bobillot dans la Concession ;
  4. de constituer avec des personnels disponibles une petite réserve à la disposition du Général MASSIMI, Commandant d’Armes de la Garnison de Hanoï.

Le 9 Mars à 18 heures, après réunion des Chefs de Corps au Bureau de Garnison, le chef de bataillon DUMAINE, faisant fonction de lieutenant-colonel commandant le détachement du 1er RTT donne les ordres pour la nuit du 9 au 10 Mars (mesures de sécurité réduites) :

Lorsque l'attaque japonaise est déclenchée à 20h10, le capitaine PLIJOUX est surpris à l'extérieur de la Citadelle. Il parvient néanmoins malgré les barrages japonais à la rejoindre, et participe à l'organisation de sa défense. Bien que n’ayant personnellement aucune mission dans la Citadelle, mais se rendant compte que bien des secteurs sont sans chef, le capitaine PLIJOUX prend le commandement d’un sous-quartier dont le titulaire n’a pu rejoindre [sous-quartier B de la Citadelle ?]

Pendant plus de 20 heures, luttant pied à pied et à certains moments pris à revers, le capitaine PLIJOUX et ses hommes tiennent tête aux Japonais, repoussant plusieurs attaques. Compte tenu de leurs lourdes pertes, et après avoir épuisé toutes leurs munitions, ils sejoignent finalement le réduit du 1er RTT.

Le 10 mars, vers 16h30, sur ordre du chef de bataillon DUMAINE, le capitaine PLIJOUX cesse le combat et est fait prisonnier par les soldats japonais.


1923 : la famille PLIJOUX sous un arbre géant sur les bords du Song To Lich.


Photographie datant de l'hiver 1923. Adrien PLIJOUX est le 2ème> debout en partant de la gauche.
(Il est supposé qu'il s'agit de l'équipe de foot-ball du 9ème RIC à Hanoï).


Cabanes de pêcheurs sur les bords du Fleuve Rouge en 1924.


Cantine ambulante à Hanoï en 1924.


Photographie de groupe du 9ème RIC datant de 1924. Adrien PLIJOUX est debout au centre.


Le lieutenant Adrien PLIJOUX est décoré le 11 novembre 1931 de la Légion d'Honneur à Lao Kay.
(Le motif était sans doute la production d'un rapport très complet sur la défense des postes coloniaux de Haute Montagne à la frontière chinoise).


Le Cercle des Officiers de Chapa en 1930.


1931 : Vue aérienne de Chapa après un incendie.
 

La famille PLIJPOUX exhibant des souvenirs de Côte d'Iivoire en 1937.


Décoration en 1948 du commandant PLIJOUX au grade d'Officier de la Légion d'Honneur.

Colin m'a également communiqué la photo aérienne du Tam Dao datant de 1923 et celle du terrain d'aviation de Bac Mai.