L'INDOCHINE ET LE COUP DE FORCE JAPONAIS DU 9 MARS 1945


LA PAGE DE DANIEL TARABELLI

Informations fournies par M. Daniel TARABELLI concernant son père l'adjudant-chef Nicolas TARABELLI.


Adjudant-chef Nicolas TARABELLI

Après des séjours en Tunisie et Sénégal dans les Régiments de Tirailleurs Sénégalais, Nicolas TARABELLI arrive en 1937 à Hanoi où il est affecté au 9ème  RIC. Il est accompagné de sa femme et son fils Daniel, né à Tunis en 1932.

La famille TARABELLI habite rue du Capitaine Brusseaux, une petite rue parallèle à la voie ferrée, au sud-est de la Citadelle (actuellement rue Tong Duy Tan).

L'adjudant-chef TARABELLI, tout en restant militaire, jouit d'un status spécial : il est passé par le Bataillon de Joinville et officie en tant que professeur de sports dans différents établissements scolaires de la capitale tonkinoise. Il a ainsi entrainé l'équipe féminine de basket-ball d'Hanoi qui a été plusieurs fois championne de l'Asie de Sud-Est, de même que Mady MOREAU, la future championne de plongeon.

En tant qu'expert sportif, il a également été consulté lors de la réalisation du Stade Mangin, construit peu avant la guerre vers 1938-1939.

Nicolas TARABELLI apparait sur la photo du stage de moniteur de sport de 1943 présidé par mon grand-père, le lieutenant Pierre MILLOUR :


L'adjudant-chef TARABELLI au premier rang, les mains dans le dos.
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A Hanoi, le jeune Daniel va en classe à l'école des Frères : l'École Puginier. Il y cotoît Pierre, le fils aîné de l'Adjudant-Chef Jean-Paul PAUGAM, avec qui il fait les « quatre cents coups » ; un autre de ses copains est le fils du lieutenant MOULY affecté aux transmissions de la Citadelle. [Probablement à la Caserne Balny d'Avricourt]. Parmi ses occupations d'alors, Daniel se souvient être allé piquer aux Japonais des roulements à billes pour confectionner les roues de carioles...

Quand les menaces de bombardement commencèrent à se faire plus menaçantes, le général MASSIMI, qui disposait dans son logement d'un abri anti-aérien, proposa à l'adjudant-chef TARABELLI de venir en cas d'alerte y abriter sa famille : solidarité corse oblige ! Suite aux bombardements de fin 1943, la famille TARABELLI est évacuée vers la station balnéaire de Sam Son, à environ 180 km au sud de Hanoi. Nicolas, qui est toujours en poste à Hanoi, fait régulièrement (environ une semaine sur deux) l'aller-retour sur son vélo pour aller voir sa famille (!).


Sam Son : vue générale en 1930.

Après le coup de force japonais, l'adjudant-chef TARABELLI est fait prisonnier dans la Citadelle d'Hanoi ; la famille TARABELLI quitte Sam Son et retrouve son logement de la rue du Capitaine Brusseaux.

Peu avant le départ de son mari pour les camps de Hoa-Binh, Mme TARABELLI est arrêtée par les Japonais en ayant voulu faire passer de l'argent à son mari, puis enfermée et battue dans la Citadelle pendant 48 heures avant d'être libérée. En final, Daniel réussit, à la barbe des sentinelles, à remettre cet argent à son père.

Après sa libération, Nicolas TARABELLI est rapidement muté en Cochinchine, sa famille restant à Hanoi. Quelque temps après l'entrée des troupes du général LECLERC à Hanoi le 18 mars 1946, la famille de Daniel (Mme TARABELLI, Daniel lui même, son frère Guy et sa sœur Rose-Marie nés à Hanoi) est à son tour dirigée vers Haïphong où elle embarque à bord du porte-avions Béarn à destination de Saïgon.

Fin août 1946, la familleTARABELLI embarque au complet sur l'Ile de France pour la métropole, et débarque à Toulon le 19 septembre. [La familleTARABELLI a donc fait le trajet vers la Métropole en même temps que la famille MILLOUR ; cf. le récit de ce voyage.]

A son retour en France, l'adjudant-chef TARABELLI profite des lois de dégagements des cadres et quitte l'armée en 1947. Sept ans plus tard, en 1954, Daniel TARABELLI, alors aviateur dans l'Armée de l'Air, reviendra dans le nord du Tonkin dans le cadre de missions d'évacuation sanitaire.